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Ruru Kita

quipeint• press kit

Solo show
Pierre Labat

25.06 / 06.08.11

Le projet Ruru Kita devait prendre forme au sein de l’Institut franco-japonais, à Fukuyoka, sur l’île de Kyushu. Pierre Labat s’était rendu à la villa Kujoyama pour une résidence de six mois, de Janvier à Juin 2011 ; il a dû rentrer précipitamment en France.
Désireux de le mettre à bien malgré les catastrophes humaines et écologiques, il souhaite le dédier au Japon, et à ses habitants.

Travaillant sur la structuration de l’espace par l’objet, il propose cette fois-ci d’y intégrer des organismes vivants.
Il ne va pas sans dire que le Japon a su conserver des espaces forestiers sur plus de la moitié de son territoire; cet attachement à la végétation s’incarne à différentes échelles de la culture japonaise. Ainsi, que ce soit par la médecine douce, à travers le culte du paysage ou encore par une présence marquée dans les arts plastiques, elle demeure essentielle.


Pierre Labat a donc mis au point une installation singulière, en accord avec la culture dans laquelle elle devait s’insérer. Sans s’écarter de sa démarche initiale - la question de l’adaptation de l’objet à l’espace d’exposition - il a choisi de faire intervenir une variable, à caractère évolutif.

Alors que l’armature en bois est disposée en croix et que ses quatre branches déterminent les points cardinaux, celle-ci nous met sur la piste d’une spatialité universelle. Bien que figée, cette sculpture tend vers un dépassement, un dynamisme qui provient des éléments végétaux qui la composent. Acceptant cette éphémérité, celle-ci peut être comprise comme l’ascendance de la Nature sur le bâti, sur l’Homme plus largement. Jusqu’à quel point peut-il la contenir, la maîtriser?

Ruru Kita est rythmée par un alignement distancié et équilibré de treize plants, érigés sur des modules dont la hauteur varie en fonction de la taille même des végétaux qu’ils portent. Toutefois, ces plantes sont vouées à poursuivre leur croissance indépendamment de toute préoccupation esthétique. Nous pourrions ainsi établir un paradoxe entre le fait que la sculpture soit «détruite» par cette croissance qui vient perturber une rigueur humaine originelle, et le fait que la perfection soit comprise avant tout dans la Nature.

Elodie Goux